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Regional Representatives :
Regional Representative : Kanyinke SENA, Ogiek, Kenya Deputy Regional Representative : Jackson OLE LENKAI, Maasai, Tanzania Women's Representative : Mary SIMAT - Chairperson of IPACC, Maasai, Kenya
En 2004, lors de l’Assemblée Générale d’IPACC, il a été décidé de créer une région qui réunirait l’Afrique orientale et la Corne de l’Afrique. Les populations autochtones de l’Afrique orientale sont des populations de pastoralistes et de chasseurs-cueilleurs dont la présence dans cette région remonte à une date antérieure aux migrations bantoues. Les groupes se réclamant d’une identité autochtone sont des populations de pêcheurs et de chasseurs-cueilleurs comprenant les Ogiek, Sengwer, Dahalo, Elmolo, Yaaku, Waata, ainsi qu’un groupe connu sous le nom de ‘Dorobo’.
Au nombre des populations autochtones, on compte en outre le peuple Nuer des Monts Nuba du Soudan ; les Beja et Afar, éleveurs de chameaux, ainsi que d’autres pasteurs et chasseurs transhumants et nomades. On trouve aussi des populations autochtones, les chasseurs Ik et les pasteurs Karamojong, dans le nord de l’Ouganda. Pour le moment, IPACC ne compte aucun membre en Ethiopie, au Soudan, au nord de l’Ouganda ou en Erythrée.
Un événement majeur a marqué l’année 2005 au Kenya : le référendum sur la Constitution. Le projet de constitution présenté au public kenyan avait très peu en commun avec la version négociée que les populations autochtones s’étaient efforcées d’influencer au cours des deux dernières années. Le projet de constitution centralisait les pouvoirs dans les mains du Président, et ne reconnaissait pas la situation des populations autochtones. Certains activistes souhaitaient préserver des clauses qui auraient donné lieu à une décentralisation des prises de décision concernant l’environnement, mais dans l’ensemble, la constitution n’était pas acceptable.
Au cours de la période précédant le référendum, le gouvernement a lancé des initiatives spectaculaires pour tenter d’amener les communautés à donner leur appui à sa position en faveur du “Oui” au projet de constitution. Il a ramené le sanctuaire de vie sauvage Amboseli du statut de Parc National géré par les Services des Réserves Naturelles du Kenya à celui de sanctuaire zoologique géré par une autorité locale - le “Olkehuado County Council - pour le bénéfice de la communauté massaï locale du district Kajiado. Il a également attribué aux Ogieks du district de Nakuru des titres de propriété concernant certains lotissements. Bien qu’il ait été dit que plus de 10 000 titres de propriété avaient été délivrés aux Orgieks, comme aucun contrôle de sécurité n’a été mis en place, on présume que la majorité des titres ont atterri dans des mains autres que celles des Orgieks. Le gouvernement créa et publia à l’Officiel la subdivision de certains districts autochtones sous le prétexte ostensible de “rapprocher le développement du peuple”.
Les activistes autochtones, identifiables par leur utilisation du thème de la couleur orange, prirent une part active dans la campagne de soutien du “Non”. C’est le Non qui l’emporta, soulignant ainsi la montée du pouvoir des groupes précédemment marginalisés du Kenya. Le référendum, qui divisa profondément le pays selon des lignes ethniques, provoqua de spectaculaires réorientations au sein des alliances politiques. Les ministres qui s’étaient opposés au projet de constitution furent démis de leur fonction, laissant la place à de nouvelles nominations. Soucieux de réconcilier la nation, le Président désigna presque la moitié des membres du parlement à des postes ministériels parmi lesquels certains provenaient des partis de l’opposition et des communautés autochtones. Malheureusement, les ministres autochtones ayant perdu de leur popularité sur le terrain, il est difficile de dire qu’ils représentent effectivement leurs communautés.
Dans les territoires des populations autochtones les conflits n’ont pas décliné. Les traités à long terme passés entre la Grande Bretagne et les Massaï ont expiré en 2004, déclenchant des conflits à propos de la terre dans les régions nordiques du centre du Kenya. En 2004, 22 personnes furent tuées lors de conflits entre les pastoralistes et les communautés agricoles envahissantes de la Vallée du Rift. En 2005, les troupes du gouvernement étant soupçonnées d’avoir tué des gardiens de troupeaux, de nouveaux actes de violence éclatèrent. En 2006, des actes de violence éclatèrent à nouveau dans certaines régions de la Vallée du Rift, et parmi les communautés pastoralistes du nord Kenya et du sud de l’Ethiopie. Les causes de ces nouveaux conflits dans le nord reposent sur les droits au pâturage et les besoins en réapprovisionnement dus à la sécheresse dévastatrice qui laissa des milliers de familles sans bétail. Les conflits du nord Kenya causèrent la mort de six députés pastoralistes qui furent tués lors d’un accident d’avion en avril 2006. Ces membres du parlement étaient en mission pour tenter de réconcilier les communautés pastoralistes Rendille, Borana et Gabra qui étaient en guerre.
Le gouvernement, de concert avec certaines ONG, en est à un stade avancé d’étude d’une politique de résolution de conflits. Les organisations membres de l’IPACC se sont trouvées mêlées au processus de paix, et ont participé au dialogue avec le gouvernement sur les questions de réformes agraires durables.
Mme Mary Simat, Présidente adjointe d’IPACC, a rejoint les rangs du groupe consultatif sur les réformes agraires en tant qu’unique représentante pastoraliste. Le récit de la vie de Mme Simat, en sa qualité d’activiste de l’égalité des genres, a récemment paru dans un journal national. L’article soulignait les décisions que sa mère et elle-même avaient prises pour s’assurer que les fillettes massaï auraient accès à l’éducation.
Le taux d’inscription aux écoles primaires du Kenya a augmenté après l’introduction de l’éducation primaire gratuite, décision prise par le gouvernement actuel dès son arrivée au pouvoir en janvier 2003. Cependant, le manque d’infrastructures, d’enseignants, la constante éviction de leurs terres ainsi que le nomadisme font que les enfants des groupes de chasseurs-cueilleurs et de pastoralistes ont du mal à profiter pleinement de cette initiative d’éducation primaire gratuite.
Avec le soutien de l’Organisation Internationale du Travail, les chasseurs-cueilleurs et les pastoralistes ont pu coordonner le Réseau des Pastoralistes et Chasseurs-Cueilleurs du Kenya (PHGEN). D’autre part, IPACC a sponsorisé une rencontre du réseau des chasseurs-cueilleurs qui essaie de renforcer alliances et stratégie par des activités de lobby. Des agences de l’ONU ont accepté l’établissement d’un corps consultatif autochtone, le Comité Consultatif des Populations Autochtones des Nations Unies (UNIPACK).
Au Kenya, et dans l’ensemble de la région, on observe un grave problème de déforestation entretenu par la corruption et le peu de respect pour les politiques forestières et agricoles. En 2006, une interdiction qui remonte à six ans sur l’exploitation de la forêt a été levée au Kenya, entraînant une exacerbation de la crise majeure causée par la destruction de la Forêt Mau. Le Kenya, la Tanzanie et l’Ethiopie connaissent des situations semblables selon lesquelles les populations qui collectent le miel sauvage et autres produits alimentaires de la forêt ne sont pas considérés comme propriétaires ou même utilisateurs de cette terre. Leurs moyens d’existence ne sont pas vus comme étant productifs, les seules activités économiques productives étant celles qui sont liées à une production agricole non diversifiée, laquelle a un effet destructeur sur l’environnement. Au milieu de l’année 2005, plus de 4000 Ogieks originaires du Sud Narok furent évacués de leurs terres sous le fallacieux prétexte de protéger la forêt. Les déplacements de populations, les activités agricoles et l’exploitation forestières ont un impact négatif sur la biodiversité de la forêt Mau, entraînant une disparition de la culture et des connaissances traditionnelles de la communauté Ogiek.
Les organisations de la communauté des Ogieks continuent leurs activités dans le but de recouvrer leurs droits d’occupation de la forêt Mau. De même que pour d’autres forêts équatoriales de l’Afrique orientale, le gouvernement a autorisé des communautés d’agriculteurs et des sociétés d’exploitation forestière à abattre des arbres sur de larges étendues. Ces actes de déforestation, outre qu’ils détruisent les moyens d’existence des chasseurs-cueilleurs autochtones, causent d’importants dommages à l’environnement. Le lac Nakuru est en voie de disparition en raison de la destruction des bassins hydrographiques, de la perte de terre végétale et de la prolifération des algues. La réserve zoologique Massaï Mara, qui est connue dans le monde entier est, elle aussi, menacée.
De même, les activistes Yaaku de la forêt Mukogodo ont entrepris des travaux de renaissance de leur langue, mobilisant leur communauté sur les thèmes de droits autochtones et de protection de la forêt. L’Association des Populations Yaaku est membre du Réseau de Biodiversité Africaine Il y a moins de 4000 Yaakus parmi lesquels sept seulement parlent encore leur ancienne langue cushitique. Par l’intermédiaire des Yaakus, IPACC et le RBA ont créé une alliance destinée à renforcer la société civile autochtone et à promouvoir un développement économique durable. En 2006, l’activiste yakuu, Jeniffer Koinante, a assisté au Forum Social Mondial de Bamako, Mali.
En 2006, ERMIS Africa (Environmental Research and Mapping Information Systems in Afica) et associés vont travailler avec les activistes Ogieks pour dresser la carte des ressources naturelles et culturelles de la forêt Mau. IPACC et RBA apporteront une aide à d’autres récolteurs de miel, tels que les Hadzabes, Yaakus et Sengwers pour qu’ils puissent assister à des ateliers pour acquérir de nouvelles compétences et apprendre de nouvelles méthodes. Cette approche souligne l’importance donnée aux connaissances des anciens ainsi qu’à la transmission entre générations des connaissances environnementales et culturelles tacites. Cette initiative bénéficiera de la promulgation du Forest Act 2005 du Kenya qui permet la création d’associations de communautés forestières pour la gestion de forêts communautaires. Une meilleure Loi sur la Vie Sauvage est également à l’étude.
Dans le contexte d’une vente d’espèces sauvages qui s’est tenue en 2005 au cours de laquelle le gouvernement du Kenya en a vendu 275 espèces au gouvernement de la Thaïlande, IPACC prendra part au processus menant à une formulation de nouvelles lois et politiques pour le Kenya.
La mondialisation, l’intégration régionale et les zones de libre échange qui focalisent sur la libre circulation des marchandises et des personnes, ainsi que la rapide croissance des populations sont autant de facteurs qui viennent alimenter une intense compétition pour la terre et autres ressources dans les territoires des Populations Autochtones. La rapide expansion des limites de Nairobi est en train d’empiéter sur le district de Kjiado. Le développement d’une nouvelle extension de la ville dans les plaines de Kaputei, à 60 km au sud-est de Nairobi, a été approuvé par le Jamii Bora Trust, ce qui va obligatoirement entraîner un changement démographique pour la population massaï locale, et obstruera le seul corridor de migration restant pour le transfert des animaux dans le Parc National de Nairobi.
Des sociétés multinationales et nationales anonymes investissent intensivement dans les territoires des Populations Autochtones. Des activités touristiques se multiplient rapidement dans le Bassin Mara-Serengeti, à la fois à l’intérieur et autour d’autres zones protégées. Dans les Plaines Loita du district de Narok, une unité de transformation du blé entraîne une augmentation de la culture du blé dans la région. On observe également une forte augmentation d’activités de prospection de pétrole, de houille et autres minéraux entreprises par des investisseurs occidentaux et orientaux, principalement par la Chine, ce qui ne cesse de déterminer un climat d’investissement et de violation de la propriété intellectuelle non seulement au Kenya, mais dans toute la région.
Les cas de bio-piratage et de violation de droits d’auteurs se multiplient dans la région sans que soit sollicitée une autorisation librement et préalablement consentie auprès des détenteurs du savoir. Les populations autochtones demandent que des accords soient légiférés et négociés pour le partage des bénéfices. Par exemple, les gènes des moutons rouges massaï ont été brevetés à l’étranger, et une institution locale d’enseignement supérieur a déposé une demande de brevet local. Il n’a été prévu aucune consultation ou partage des bénéfices avec la communauté des Massaï. On assiste également au flagrant piratage des chansons, histoires, poèmes et œuvres d’art des communautés autochtones dont les droits sont violés. Les populations autochtones sont aussi de plus en plus exploitées par la publicité, attirant ainsi d’énormes revenus à des sociétés telles qu’une gigantesque société de téléphones mobiles du Kenya. IPACC va travailler avec les populations autochtones et les autorités concernées sur la manière de protéger les droits de propriété intellectuelle des détenteurs de connaissance traditionnelle du Kenya et de la région.
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