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Namibia, Botswana, South Africa, Angola, Zambia, Zimbabwe |
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Regional Representatives :
Regional Representative : Kabo MOSWEU, Khwe San, Botswana Deputy Regional Representative : Cgare CGAASE, Naro San, Botswana Women’s Representative : Annetta BOK, ‡Khomani San, South Africa
Historique et contexte ethnique
Contrairement à ce qu’il en est dans d’autres régions de l’Afrique, il existe une nette distinction entre les peuples premiers d’Afrique australe et les Africains qui immigrèrent dans la région à des époques récentes. La présence culturelle des chasseurs-cueilleurs San, attestée par l’art rupestre et l’archéologie, s’étend sur plus de 20 000 ans. L’occupation humaine de la région remonte à plus de 150 000 ans.
Les San aborigènes et leurs voisins alliés éleveurs, les Khoekhoe (ou Khoïkhoï), sont, d’après les généticiens, les peuples porteurs d’un matériel génétique indiquant que leurs ancêtres sont les ancêtres de tous les êtres humains existants. les San se distinguent par leur riche connaissance de la biodiversité et par leur langue extraordinairement complexe, qui comprend une gamme de clics.
Les populations San ont d’abord été colonisées par des agro-pastoralistes noirs de langue bantoue venus d’Afrique orientale et centrale, puis, de manière plus agressive, par les colons européens. L’impact de la colonisation européenne en Afrique du Sud engendra une quasi totale destruction de la civilisation San de ce pays. De nos jours, il existe quelque 100 000 San vivant dans la région. Une quinzaine d’entre eux seulement est titulaire de diplômes d’éducation supérieure, la majorité vivant en situation de pauvreté et de marginalisation.
Certaines populations Khoe adoptèrent l’élevage des moutons il y a plus de 2000 ans. Ils se répandirent à travers le sous-continent et furent capables de négocier leurs rapports avec les colons européens de manière quelque peu plus fructueuse que les San. En Afrique du Sud, de nombreux Khoekhoe furent assimilés à la société de fermiers de langue afrikaans, connus sous le nom de “Coloured” (Métisses), alors que les Nama du Richtersveld et de l’Orange River ont réussi, eux, à conserver leur langue et leur culture. En Namibie, on compte une population de plus de 100 000 Nama qui jouissent d’une certaine représentation au gouvernement. Le groupe de Khoekhoe de langue afrikaans le plus important est représenté par les Griqua d’Afrique du Sud.
2005 - Afrique du Sud
L’Afrique du Sud est totalement engagée dans le processus de sa transformation en une démocratie socialement et économiquement viable. Elle a entrepris le démantèlement de son passé de gouvernance raciste pour tenter de créer de nouvelles opportunités pour tous ses citoyens. Le président ainsi que d’autres hauts fonctionnaires ont fait d’importantes déclarations positives concernant les populations autochtones. Toutefois, il ne semble pas que le ministère identifié pour s’occuper des questions autochtones possède la volonté ou la capacité de générer un cadre de politique globale susceptible de répondre sérieusement aux besoins des populations autochtones. (Pour de plus amples informations, voir le rapport 1999 de l’OIT sur l’Afrique du Sud et l’atelier sponsorisé par IPACC/ONU organisé par les leaders autochtones, et qui s’est tenu à Port Nolloth en 2004).
En juillet 2005, le gouvernement sud-africain a accueilli la visite du Professeur Rodolfo Stavenhagen, Rapporteur Spécial de l’ONU sur les Droits de l’Homme et les Libertés Fondamentales des Populations Autochtones. Cette visite avait une signification majeure pour l’Afrique et pour les populations autochtones d’Afrique du Sud. Il s’agissait là de la première reconnaissance officielle par un état africain des mécanismes de l’ONU destinés à protéger les droits des populations autochtones.
IPACC a donné son soutien au gouvernement, à l’ONU et à la société civile pour s’assurer que le Rapporteur Spécial visiterait les communautés locales, là-même où elles habitent, et qu’il aurait tout loisir de consulter les organisations représentatives. Le rapport complet du RS sera publié en 2006. Ses conclusions les plus significatives ont été que l’Afrique du Sud est une démocratie dans laquelle la gamme complète des droits de l’homme et de la société peut être exprimée par tous et dont tout le monde peut se réclamer, y compris les populations autochtones.
On a pu observer qu’il n’y a qu’une très faible coordination sur les questions autochtones entre les différents niveaux de gouvernement : national, provincial et local, et encore moins entre les agences des Nations Unies opérant dans la région.
Le gouvernement sud-africain entreprit des négociations avec les groupes Khoe et San en 1998 sur la question d’un arrangement constitutionnel. En novembre 2004, le conseil des ministres adopta un mémorandum d’”instruments politiques” qui met en place des mécanismes destinés à la création d’une politique des droits des populations autochtones. A ce jour, peu de progrès a été réalisé dans le domaine d’une politique et d’une administration significatives. Certains activistes craignent que le gouvernement ne voie dans la question des droits autochtones une forme de nationalisme ethnique qui fera l’objet d’un éternel dialogue n’aboutissant à aucun réel changement.
Il existe un sérieux déséquilibre dans le Groupe de Travail Interministériel sur les Questions Khoe et San, marqué par l’absence du Ministère de l’Environnement et du Tourisme (DEAT). DEAT est responsable de l’aspect international et domestique des accords de l’ONU concernant les populations autochtones, y compris l’Agenda 21, les trois Conventions Rio (Biodivesité, Changement Climatique et Désertification) ainsi que les accords de création et de gestion sur les Sites du Patrimoine Mondial, dont il est prévu que deux concernent des terres autochtones. A ce jour, DEAT n’a eu aucun contact officiel avec les populations autochtones sud-africaines.
Botswana
La crise de la réserve cynégétique du Central Kalahari Game Reserve (CKGR), est toujours devant les tribunaux et sous les feux des médias. Les populations San évacuées du CKGR et transférées dans des villages d’accueil ont contesté la légalité de cette expulsion. La question a fait la une des médias internationales, ce qui a eu pour effet de retrancher le Gouvernement dans une position défensive, étant par la suite accusé d’avoir détruit les documents qui faisaient l’objet de négociations avec la Réserve d’Animaux pour que soient inclus les San dans les initiatives de tourisme et de développement.
En dehors des procès acrimonieux débattus devant les tribunaux, les organisations San sont engagées en coulisses dans de discrètes négociations avec le gouvernement pour trouver une solution à l’impasse. Le procès, qui est très complexe, ne trouve pas de solution. Quelle que soit la décision du tribunal, la solution à long terme reposera sur un changement d’attitude de la part du gouvernement et sur l’attribution d’un rôle plus important dans la gouvernance et les prises de décision pour les San et autres minorités ethniques.
Les médias internationales prétendent qu’une éventuelle exploitation d’une mine de diamants serait ce qui avait motivé l’expulsion des San. Les organisations San du Botswana, qui ont eu des entretiens avec des représentants de la société minière De Beer, sont convaincus que ce n’était pas la raison. Il existe des exploitations minières dans le CKGR, mais une telle entreprise reviendrait à des prix exorbitants dans les régions précédemment occupées par les San. L’expulsion des San était plus vraisemblablement motivée par le désir du gouvernement de sédentariser les populations locales et de séparer les populations de la vie sauvage, et la vie sauvage des animaux d’élevage.
Les San qui ont été transférés hors du CKGR ont reçu en dédommagement des subsides de réinstallation, une école, une clinique et une route goudronnée. Cette réinstallation a été le projet le plus onéreux réalisé par le Botswana pour fournir de nouvelles habitations et infrastructures à une communauté rurale. Cependant, le gouvernement n’a pas pris en considération les problèmes liés au combustible, à l’emploi, à la médiocrité de l’eau et, de manière générale, à l’impact défavorable du transfert de ces populations de leurs territoires traditionnels à une ville artificielle. La santé physique et mentale des personnes déplacées a été gravement affectée. En 2005, un homme a gagné devant un tribunal le droit de retourner dans sa terre à l’intérieur du Parc d’Animaux.
La crise du CKGR n’est qu’un faible aspect d’une crise beaucoup plus sévère liée à la terre et au développement qui secoue les populations autochtones du Botswana. Des dizaines de milliers de San perdent leurs habitations et leurs territoires au fur et à mesure que le gouvernement alloue des terres à des groupes ethniques dominants considérés comme ‘productifs’. Les activités économiques traditionnelles de la chasse et de la cueillette d’aliments sauvages sont considérées comme primitives par le gouvernement, et la chasse a été à ce point réglementée que les familles ne peuvent pas obtenir de permis et se nourrir.
Le cas du Botswana est complexe. A Gabarone, on est de l’opinion que le gouvernement traite tous les citoyens de manière égale, fournissant logement, eau et école aux lointaines zones rurales. Le problème repose sur la structure du gouvernement qui permet aux chefs locaux, invariablement issus de groupes bantous dominants, de représenter l’ensemble de la circonscription, privant ainsi les San et les minorités d’une quelconque voix au gouvernement local.
Un des aspects de la situation qui éveille un intérêt mutuel et favorise le dialogue, c’est celui de la conservation de la nature. Les San sont détenteurs d’une riche connaissance de la biodiversité, du comportement animal et du climat. Le gouvernement s’intéresse au développement du tourisme et de la conservation de la nature comme faisant partie de son projet de développement national. Les anciens de la communauté San affirment que le déplacement massif des San de leurs territoires est la cause du rapide déclin de la connaissance des plantes, du sol, des animaux et des poissons.
Les organisations San, en coopération avec l’Université du Botswana et l’Université Tromsø, ont sponsorisé la conférence sur l’Education en Langue Maternelle pour les Minorités d’Afrique Australe. Le rapport, intitulé “For the Benefit of All”, est disponible à WIMSA. Le Botswana n’a pas voulu reconnaître la diversité ethnique et linguistique de ses citoyens. Sur les dizaines ou plus de langues locales parlées dans la République, seul le setswana est enseigné dans les écoles et utilisé dans les médias. Selon un communiqué sur la politique de l’Enseignement de 1994, il est théoriquement possible que d’autres langues soient introduites dans les écoles, mais sans le soutien du Ministère de l’Education.
Le VIH/Sida représente un sujet de grande inquiétude pour les communautés San du Botswana. Alors que les politiques culturelles et linguistiques pourront sembler quelque peu anachroniques, le programme de santé, lui, est progressiste. Le gouvernement du Botswana prend des mesures pour rendre le traitement anti-rétroviral largement disponible. Les San ont peur que ces traitements ne leur soient pas accessibles dans les régions éloignées ou que leur prix ne soit pas abordable.
Malgré les défis politiques et économiques, le Botswana possède une société civile autochtone dynamique. Il existe maintenant des ONG San et des Organisations Communautaires (CBO) qui sont ancrées dans leur contact avec les postes de Mission. Le réseau se regroupe sous la structure de la Kuru Family of Organisations qui est engagée dans divers projets parmi lesquels le marketing artisanal, les projets artistiques, l’alphabétisation, la traduction de la bible, l’enseignement en langue maternelle, le tourisme ainsi que d’autres activités de développement économique, particulièrement dans les districts de Ghanzi et de Ngamiland. Letloa, basé à Shakawe, est une organisation de compétences expertes qui dessert le réseau, et particulièrement les CBO de la région.
2005 a vu la mise en place d’une initiative majeure, celle du centre de formation de carte GIS à Shakawe,Ngamiland. Nathaniel Nuulimba et Thlokomaleng Ngako travaillent avec les San locaux pour dresser les cartes de leurs territoires et faire l’inventaire de leur connaissance de la nourriture sauvage. Ils vont fournir un soutien cartographique GIS à un certain nombre de projets San à travers le pays. Ce projet est épaulé par le Trust for Okavango Cultural and Development Initiatives (TOCADI) ainsi que par les associés étrangers Open Channels et Strata 360.
Namibie
Le Groupe de Travail des Minorités Autochtones d’Afrique Australe (WIMSA) est à la fois une agence de développement et un réseau de leaders San qui opère dans toute l’Afrique australe. WIMSA soutient les organisations San sous plusieurs aspects de leur campagne de sensibilisation, y compris dans le domaine des droits fonciers, des moyens d’existence, de l’éducation, de la langue, de la culture et des droits de propriété intellectuelle.
WIMSA a mis en place un nouveau site web d’information : http://www.wimsanet.org/
WIMSA a coopéré avec l’Evangelische Entwicklungs Diens (EED, une organisation protestante de service basée en Allemagne, dans la production d’un guide des droits de propriété intellectuelle des populations autochtones. WIMSA a travaillé avec le South African San Council et le South African San Institute pour s’assurer des droits de propriété intellectuelle sur l’exploitation du hoodia gordonii, plante médicinale du désert du Kalahari qui peut être utilisée pour maigrir.
L’action de WIMSA dans le domaine de la défense de l’éducation a mené à la création du South African San Education Forum (SASEF). En coopération avec les universités du Botswana et de Tromsø, SASEF a accueilli la deuxième grande conférence sur l’éducation pour les apprenants de langue san. La conférence a invité les San de toute la région à présenter des cas d’études sur les réussites et les blocages rencontrés dans l’enseignement en langue maternelle dans les écoles.
Le World Wildlife Fund for Nature (WWF) est un autre acteur qui joue un rôle important en Namibie. WWF soutient les projets de développement de la capacité et promeut les opportunités touristiques liées à une utilisation commerciale traditionnelle et durable des ressources naturelles, en coopération avec les communautés San, dans différentes régions de Namibie. WWF soutient le NyaeNyae and N=a Jaqna Conservancies dans l’est et dans l’ouest duTsumkwe. Ces projets sont liés à d’autres travaux de développement en cours dans le Parc National Kaudom. WWF est également présent dans la Bande Caprivi où il soutient, entre autres, les populations de langue khwe qui essaient de créer des centres de conservation de la nature.
Les Khwe sont confrontés de manière permanente au fait que le gouvernement central ne les reconnaît pas comme groupe ethnique jouissant d’une représentation au gouvernement, en raison de l’absence d’un leader traditionnel reconnu. WWF et WIMSA ont travaillé avec les Khwe pour les aider à promouvoir la représentation d’un leadership non traditionnel qui assurera aux Khwe un siège aux réunions sous-régionales de planification, particulièrement sur les questions de conservation et d’utilisation durable des ressources naturelles.
IRDNC
Sur le plan politique, la Namibie progresse plus rapidement que ses voisins. Bien que les San soient toujours dans une situation de vulnérabilité et de sous- représentation en comparaison avec leurs voisins de langue bantoue et la minorité blanche, on peut observer des signes de changement d’attitude à Windhoek. On notera, en particulier, que le Premier Ministre adjoint, Libertina Amadella, a exprimé un intérêt pour les efforts fournis par la communauté San pour créer des moyens d’existence durables basés sur la gestion de l’environnement et le tourisme.
WIMSA a travaillé avec des ONG chrétiennes pour entrer en contact avec les communautés !Xun et Khwe qui vivent dans le sud de l’Angola. La majorité de ces groupes San a été ou tuée ou forcée à l’exil pendant la longue guerre civile. Avec l’avènement de la paix en Angola, on est en droit d’espérer que ces groupes vulnérables ont un avenir. l’Aide de l’Eglise Norvégienne a sponsorisé un soutien ainsi qu’une mission d’information. WIMSA a publié une cassette vidéo et un petit livre sur la situation des San au sud de l’Angola.
Les activistes San travaillent sur différentes stratégies destinées à protéger leur culture et leur moyens d’existence en créant des centres de conservation de la nature. Il existe deux de ces centres dans la région du Tsumkwe, et d’autres sont à l’étude dans la Bande Caprivi. Les activistes San demandent que le gouvernement namibien fournisse un plus grand soutien aux centres de conservation communautaires, qu’il propose davantage de formation financière, et qu’il reconnaisse la connaissance et les compétences traditionnelles telles que les compétences de pistage d’animaux.
Les activistes Ju|’hoansi ont déclaré que, dans le nord, de nombreux San ont été évacués de leurs fermes. Un groupe de San est gardé dans un campement d’accueil privé près de Okahandja. Les activistes San craignent que les propriétaires de la terre n’utilisent la situation désespérée des San déplacés pour collecter des fonds à leur propre avantage. Des organisations des Droits de l’Homme ont entrepris des enquêtes.
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