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Mali, Mauritania, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Cameroon
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Représentants régionaux :
Représentante régionale: Saoudata ABOUBACRINE, Touareg, Burkina Faso Représentant régional adjoint : Legborsi Saro PYAGBARA, Ogoni, Nigeria Représentante des femmes : Saada ALBACHIR, Touareg, Niger
Historique et contexte ethnique
En Afrique occidentale, les populations autochtones font état de l’importance de leur rapport historique avec le Sahara, soulignant leur adhésion continue aux systèmes économiques et culturels nomades du pastoralisme ainsi qu’à leur patrimoine culturel hérité d’une époque qui a précédé l’établissement de l’agriculture dans la région.
Les groupes se réclamant d’une identité autochtone comprennent les Touarègues, les Bororos (aussi nommés Mbororos et Wodaabes), les Tubus (Tedas et Dazas). Les Bororos font partie du plus large groupe de langue et de culture des Peuls/Fulanis présents en Afrique occidentale. Ce sont là les groupes qui adhèrent le plus fidèlement à leurs culture et identité nomades traditionnelles. Parmi les Touarègues et les Tubus on compte des populations nomades et certaines autres vivant autour des oasis, en symbiose avec les pastoralistes.
Leur revendication pour des droits collectifs en tant que populations autochtones vient de la marginalisation des nomades sahariens, d’abord sous le régime colonialiste, ensuite par les états indépendants. Les peuples du Sahara et de ses oasis sont politiquement dominés par les populations agricoles sédentaires qui vivent dans le sud. On compte d’autres groupes extrêmement vulnérables comme les chasseurs Bassaris du Sénégal et les chasseurs Némadis de Mauritanie.
Les Ogonis de la région du delta du Niger revendiquent aussi le statut d’autochtones face aux sévères perturbations de l’environnement engendrées par les activités de prospection du pétrole de la Royal Dutch Shell et les violations des droits de l’homme qui en ont découlé, perpétrées par le gouvernement central précédent.
Situation générale De 1991 à 1995, la région saharienne de l’Afrique occidentale a été le théâtre d’un grave conflit civil armé et d’extrêmes violations des droits de l’homme. Le conflit trouve ses origines dans les politiques qui visaient à exclure les nomades de la gestion des affaires publiques et des décisions gouvernementales. La situation militaire au Mali et au Niger reste instable, et de nombreux civils nomades sont toujours traumatisés par les événements des années 1990. A cela se sont ajoutés d’autres facteurs importants comme la vulnérabilité des nomades pendant les années de sécheresse, une corruption endémique au sein du gouvernement, de la police et de l’armée, ainsi que des conflits d’ordre “racial” enracinés dans des iniquités historiques.
Aujourd’hui, il subsiste encore des tensions qui n’ont pas été résolues. On a constaté une symbolique représentation nomade dans les systèmes politiques de plusieurs pays, mais sans pour autant que de sérieux efforts soient faits pour étudier la possibilité de créer une véritable démocratie qui réponde aux besoins des nomades et des populations sédentaires ainsi qu’à la continuelle marginalisation économique du nord. La région a un urgent besoin d’un processus de vérité et réconciliation pour faire face aux événements du passé et construire un avenir meilleur. Il est urgent d’aborder la question de l’accès des nomades à un enseignement qui tienne compte des cycles de transhumance. Les gouvernements doivent être sensibilisés aux systèmes du savoir traditionnel et à la viabilité économique du pastoralisme transhumant. Au Mali, la corruption au sein de la police et de l’armée reste un problème majeur pour l’ensemble du pays. Elle favorise un sentiment d’insécurité, et rappelle à ceux qui ont été victimes de tortures ou qui ont perdu un membre de leur famille pendant la guerre civile qu’ils sont toujours vulnérables, privés de la protection sûre du respect des droits de l’homme.
L’impact de la présence de l’armée américaine et de la militarisation du Sahara doit faire l’objet d’une observation internationale permanente.
Changements et évènements marquants
2006 En février l’Association Tunfa, en coopération avec Mbodscuda, Tin Hinan et le réseau régional du groupe de pression Tasghalt, a accueilli une conférence de cinq jours sur le thème des populations nomades autochtones du Sahara et du Sahel (voir les rapports téléchargeables en anglais et en français). 40 associations communautaires du Niger, de Burkina Faso, du Mali, de Mauritanie, du sud de l’Algérie, du Tchad et du nord du Cameroun ont participé à cet atelier. La conférence a porté sur les thèmes de la bonne gouvernance, des Objectifs de Développement du Millénaire, du renforcement de la capacité de la société civile, et du développement des alliances et capacités d’un réseau régional de groupes de pression.
Au cours de la mission liée à la sècheresse entreprise par IPACC en 2006 au nord du Niger, les membres de la mission recueillirent les propos de nombreux politiciens locaux et nomades qui se plaignaient du fait que l’aide internationale au développement allait directement au sud du pays, là où le gouvernement compte ses appuis politiques traditionnels auprès des populations agricoles Hausas, Djermas et Songhaïs. Une grande partie de l’aide alimentaire aurait été abusivement utilisée, une faible quantité seulement ayant été dirigée vers ceux qui en avaient le plus besoin. Plusieurs pays européens signèrent des accords d’assistance avec le gouvernement de Niamey sans prendre la peine de consulter les populations autochtones ou de visiter leurs territoires.
2005 Au Niger, le conflit armé a repris en 2005. L’unique ministre touarègue du gouvernement a été accusé de meurtre par des fonctionnaires de l’état, ce qui a engendré de nouvelles tensions au nord d’Agadez, région où les Touarègues avaient mené pendant 6 ans une rébellion contre Niamey dans les années 1990. Les récentes activités de rébellion ont duré trois mois, mais ont été contenues par une aide militaire américaine importante fournie à l’armée nigérienne. Les Etats-Unis fournissent un support militaire à des pays potentiellement riches en pétrole comme la Mauritanie, le Niger, le Mali et le Tchad. Les gouvernements locaux utilisent les ressources militaires pour résoudre les questions politiques plutôt que pour promouvoir la paix dans la région. Les activistes constatent avec inquiétude l’impact négatif provoqué par l’aide militaire américaine sur l’effort de démocratie dans les états sahariens.
Pour le Niger et les pays avoisinants, l’année 2005 aura été dominée par le drame d’une sécheresse prolongée pendant laquelle les troupeaux des pastoralistes nomades furent privés d’eau. Les restrictions imposées par le gouvernement sur la vente du bétail, et les médiocres infrastructures de transport furent responsables de la famine qui toucha aussi bien les hommes que les bêtes. L’aide alimentaire devra prendre en considération la situation des nomades, l’accès à l’eau et l’aptitude à vendre le bétail avant que la famine ne s’installe de façon permanente. Tout laisse penser que la sécheresse va s’intensifier en 2006.
Le congrès saharien et sahélien d’Agadez a organisé une commission spéciale sur des questions environnementales (voir rapport téléchargeable). Parmi les problèmes évoqués, notons : la pollution provoquée par la prospection du pétrole sur la côte de Mauritanie, l’envasement du fleuve Niger au Mali, l’exploitation à ciel ouvert d’une mine d’uranium au Niger, dépotoirs de matières toxiques en Algérie et autres pays, et le gazoduc qui traverse les territoires Bororos au Tchad et au Cameroun.
Les nomades de sept pays ont organisé Tasghalt, un réseau de groupes de pression. Des groupes touarègues ont formé des alliances avec des groupes nomades moins bien organisés, les Bororos, les Wodaabés et les Tubus.
Une organisation nomade burkinabée, Tin Hinan, a lancé un mouvement d’alphabétisation et une formation en droits de l’homme ainsi que des projets de moyens d’existence destinés aux femmes.
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